COMMUNIQUÉS

8 JUIN 2018
Contre la proposition de loi fake news : il est encore temps !

La proposition de loi relative à la lutte contre les fausses informations doit permettre à la justice de faire cesser en référé la diffusion de fausses informations durant les périodes pré-électorales et électorales pour des scrutins nationaux.

Les journalistes ne sont évidemment pas opposés à l’objectif de lutte contre la manipulation de l’information mais ils alertent la ministre de la culture sur l’imprécision d’un texte à double tranchant.

Cette proposition de loi peut se révéler dangereuse pour la liberté d’expression car elle est au fond impraticable : quelle que soit la définition de la « fausse information », celle-ci est évidemment trop vague et incertaine. Une nouvelle définition, proche de la tautologie (« toute allégation ou imputation d’un fait, inexacte ou trompeuse, constitue une fausse information ») a d’ailleurs été arrêtée hier soir, jeudi 7 juin 2018, par les députés en séance. Mais la ministre elle-même a reconnu que ce texte devrait être retravaillé, et qu’une nouvelle définition serait proposée au Sénat. C’est la preuve des difficultés à circonscrire cette notion.

Par ailleurs, l’utilisation du référé pour des matières qui nécessitent bien souvent une enquête minutieuse paraît tout aussi illusoire. Le texte ne précise pas davantage qui devra apporter la preuve de la fausseté de l’information. De plus, la procédure contourne le droit de la presse et les garanties procédurales prévues par la loi de 1881.

Le gouvernement assure que ce texte ne portera pas atteinte à la liberté d’expression et à la liberté de la presse mais la proposition de loi reste très confuse. Contrairement aux propos de la ministre, les médias professionnels ne sont pas exclus du texte, dès lors qu’ils sont en ligne. Une simple notification push pourrait être considérée comme une diffusion de « manière automatisée par le biais d’un service de communication au public en ligne », rentrant dans le champ de la loi.

Quelles garanties pour le travail des journalistes dans ces conditions ? Cette crainte est accentuée par l’annonce de la ministre de la culture du lancement d'une « plateforme commune de décryptage de fausses nouvelles » sur le site de franceinfo. Est-ce vraiment à un ministre d’annoncer cela ?

Les députés n’ont pas terminé l’examen de la proposition de loi, il est encore temps d’abandonner le texte tel que proposé aujourd’hui.

Signataires : Association de la presse judiciaire (APJ), association des journalistes de l’information sociale (AJIS), association des journalistes de l’énergie (AJDE), association des journalistes de l’environnement (AJE), association des journalistes européens (AJE), association des journalistes économiques et financiers (AJEF), association des journalistes médias (AJM), association française des journalistes agricoles (AFJA), association de la presse présidentielle (APP), association de la presse diplomatique française (APDF), association des journalistes scientifiques de la presse d’information (AJSPI).

Le Bureau de l’Association de la Presse Présidentielle

14 FÉVRIER 2018
Communiqué

L’Association de la Presse Présidentielle a pris connaissance, ce jour, de la décision de la Présidence de la République de réorganiser le dispositif dédié au travail des journalistes au palais de l’Elysée.

Elle note le souhait exprimé par les services de la Présidence d’améliorer les conditions de travail des journalistes chargés du suivi de l’actualité présidentielle en aménageant de nouvelles salles.

Elle déplore vivement, cependant, le choix unilatéral, malgré les promesses de concertation, de déplacer la salle de presse rue de l’Elysée, c’est-à-dire hors du bâtiment entourant la cour d’honneur permettant un accès direct aux activités de la Présidence. La présence de ce lieu au sein du bâtiment principal ne relève pas d’un « privilège », mais résulte de la volonté de transparence des Présidents de la République, constamment réaffirmée depuis 1974.

Ce déménagement « hors les murs » de l’enceinte principale du palais constitue pour les journalistes une entrave à leur travail.

L’Association de la Presse Présidentielle demande aux services de la Présidence de reconsidérer cette décision.

Le Bureau de l’Association de la Presse Présidentielle

22 JANVIER 2018
Réception en l’honneur d’Evelyne Richard

Chères consœurs, chers confrères, chers amis de l’Association de la Presse Présidentielle, chère Evelyne,

Des amis, du champagne, un dress code à la hauteur, la Seine, la Tour Eiffel, des musiciens. Evelyne vaut bien une fête, nous y sommes ! Merci à notre secrétaire générale, Agnès Hillemand, et à notre trésorier, Philippe Harrouard, de l’avoir si bien organisée.
Difficile de brosser la longue et trépidante aventure que représentent quatre décennies passées à Elysée depuis Georges Pompidou, sept présidents, des tours du monde par dizaines... Difficile, surtout, de résumer Evelyne en quelques lignes.
Je me contenterai de quelques qualificatifs.

Evelyne c'est d'abord une voix.
Inimitable, reconnaissable entre toutes, pour un savon ou une confidence, un ordre ou un conseil, un éclat de rire ou une conversation.
Du fond de la salle de presse d'un centre de conférence au cœur de la Finlande, à l'avant d'un bus sillonnant les routes de l'Inde ou dans le hall d'un hôtel africain au moment du départ, de potron minet, dans la belle lumière de l'aube, pour quelque rendez-vous présidentiel d'importance…. la voix de tête d'Evelyne Richard nous aura guidé mieux que tous les GPS du monde.

Evelyne c'est une élégance.
Ses robes de tweed, ses sacs griffés, ses étoles anti-froid, ses ballerines qui courent vite ne nous ont pas échappés, pas plus que sa petite pochette à motifs asiatiques où elle cachait son téléphone et les programmes au cordeau de nos voyages organisés par ses soins, à la minute près.
Sous toutes les latitudes, Evelyne avait aussi les meilleures et les plus secrètes adresses pour commencer à composer un dressing à son image. On pouvait dénicher, sur ses conseils, les pashminas les plus fins de Delhi, les cachemires meilleurs marché de l'Asie, les plus beaux tapis du Turkménistan.

Evelyne c'est une rigueur, c’est une loyauté.
Envers la République, envers chacun des présidents servis avec le même zèle, quel que soit son bord politique.
Une constance dans la recherche de l'excellence au service de l'information, notre métier qui n'était pourtant pas le sien. Cherchant, même dans l'adversité, à garder un niveau d'organisation, de protocole et de qualité de service, à tous les niveaux, digne d'une puissance mondiale comme la France.
Loyauté envers la presse, pour qui elle aura ouvert bien des portes, jouant comme personne de son entregent, de son autorité, faisant même barrage de son corps pour repousser douaniers, soldats zélés et autre gardes chiourmes ayant l'outrecuidance, - les malheureux ! -, de vouloir entraver la route de la presse française.

A te revoir, chacun de nous voit resurgir des souvenirs et autant d'anecdotes croustillantes, sous toutes les latitudes, par tous les temps, dans tous les pays du monde ou presque. Tu en as visité 135... Notre cadeau te permettra peut-être d'allonger la liste.

Tu as connu sept présidents
J'en ai suivi quatre sous ta houlette.
Je me souviens de l'un de mes premiers voyages, à la fin du quinquennat de Jacques Chirac. Une merveilleuse tournée africaine qui nous emmena de Niamey à Bamako en passant par le pays Dogon.
Un émerveillement réel…et un épuisement total.
J'ai appris à lire le programme de la journée du lendemain de ton écriture régulière sur le panneau de papier blanc dans le hall de l'hôtel, à goûter le silence de la presse pour travailler, à apprécier le buffet prévu pour recharger les batteries, jour et nuit, à être à l'heure pour prendre le car, à sauter dans un bus pour lequel tu avais prévu l'escorte pour nous emmener vers l'aéroport qui devait nous conduire à la prochaine étape.
J'ai intégré les règles strictes, même si parfois un tantinet mystérieuses, aujourd'hui encore, de la composition des pools.
J'ai vite appris à être au garde à vous, comme nous l'avons tous été, parfois au prix de réprimandes légendaires. Comme tu es infatigable, nous le sommes devenus aussi.
Au fil des voyages, nous avons compris qu'Evelyne n'appartenait pas vraiment à un camp - celui de l'Elysée ou celui les journalistes. Si camp il y a, c'est celui de celles et ceux qui veulent que tout se passe bien, au nom de l'image de la France, avec une exigence mais aussi beaucoup d'humanité.
J'ai sur ce point en mémoire des détails qui en disent long. Ta proposition d'aller un jour rechercher un téléphone portable oublié par un journaliste dans un car garé loin de notre salle de presse, ton souci de faire venir un technicien au fin fond du Guatemala pour être sure que les dépêches seraient transmises, tes efforts pour faire ralentir un chauffeur roulant à tombeau ouvert dans les rues de Tombouctou où couraient de jeunes enfants.
Grâce à toi, nous avons découvert des hôtels merveilleux : l’Okura de Tokyo, aujourd’hui détruit, le Savanna de Dakar, le Métropole de Moscou.
En marge des voyages, nous avons vécu des moments précieux comme ce concert de Charles Aznavour sur une place de Erevan, cette soirée en robe longue au château de Windsor avec la reine Elizabeth. Ce match du dernier euro de football suivi à l’ambassade de France à Berlin. France-Allemagne. La France avait gagné et nous avions fêté cela avec des saucisses et du camembert.

Comme nous ce soir, plusieurs chefs d’Etat français ont exprimé leur reconnaissance.
En te remettant la légion d'honneur, le président François Hollande a salué un "monument".
Nicolas Sarkozy a récemment déclaré : "C'est quelqu'un qui a un tel professionnalisme, une telle qualité humaine, un tel amour du service public que personne n'a eu cette idée, qui aurait été étrange, de la changer".
On a pourtant essayé de t’écarter, au tout début du premier septennat de François Mitterrand, mais tu t’étais déjà rendue indispensable.
"Je suis le septième président d’Evelyne Richard", a souri le président Emmanuel Macron en te remerciant en décembre par une très belle réception à l'Elysée. Ceux qui ont eu la chance d'y assister ont vécu je pense un vrai moment d'histoire dans cette salle des fêtes ou se côtoyaient ministres, conseiller et aréopages de toute la cinquième République. Une brochette inédite et littéralement exceptionnelle.
Je n'oublie pas celles et ceux qui ont travaillé dans ton sillage et autour de toi durant toutes ces années à l'Elysée.
Marie-Monique Saint-Ange, Christine Durandet, Patricia Pain, Gwénaëlle Kergen et tous les autres, j'en oublie forcément, qui ont travaillé avec gentillesse, constance, calme et minutie au service des journalistes, et donc de l'information des Français, garante majuscule de notre démocratie.
Les années Evelyne ont aussi coïncidé, pour une bonne part, avec les années Jean-Pierre Atlan, qui nous fait l'amitié d'être parmi nous ce soir.
Coordinateur des voyages officiels, il a travaillé à nos côtés François Mitterrand avec, lui aussi, une efficacité mêlée d'autorité qui aura fait merveille pour le compte-rendu en images de nos pérégrinations.
Travailleur de l'ombre lui aussi, Jean-Pierre aura tout de même été régulièrement sous la lumière en tant que doublure. Une doublure de luxe ! A la faveur des essais de micros et de caméras, Jean-Pierre s'est retrouvé derrière les pupitres, en lieu et place de presque tous les présidents et Premiers ministres de la Ve République, quelques minutes avant leur prise de parole. Une gloire fugace mais réelle ! Rien que pour cela, cher Jean-Pierre, tu nous manques beaucoup.
Comme nous manque déjà Evelyne.
Nulle doute que l’équipe de presse actuelle a à cœur que le travail soit aussi bien fait en ton absence. A l’Association de la Presse Présidentielle, nous l’encourageons vivement.

Chère Evelyne, ces années de travail ont aussi été des années d'amitié. « Qui voyage ajoute à sa vie », dit un proverbe berbère. Avec toi, Evelyne, nous avons beaucoup et bien vécu. Et c’est la vie, aujourd’hui, que nous célébrons autour d’un verre et d’un peu de musique pour te dire, de tout cœur, un grand « bravo » et un immense « merci ».

Elizabeth Pineau
Présidente de l'APP

© Ludovic Marin /AFP

3 JANVIER 2018
Discours de voeux de la présidente de l'Association de la Presse Présidentielle au Président de la République.

Monsieur le Président de la République, chères consoeurs, chers confrères

Nous voici réunis, j'allais dire enfin, pour ce rendez-vous annuel entre le Président de la République et les journalistes à l’occasion des voeux à la presse.

Une tradition ancienne abandonnée depuis quelques années avec laquelle vous nous faites le plaisir de renouer, M. Le Président pour, nous avez-vous dit en nous l’annonçant, faire passer quelques messages que nous écouterons avec attention.

Ce rendez-vous avait été transformé en conférence de presse par François Hollande en 2014, puis annulé après les tragédies de janvier 2015. Et abandonné l'année d'après…

Le président et la presse. Le pouvoir et le contre-pouvoir. Vaste programme.

Pour nourrir le débat sur l'extraordinaire aventure dans laquelle nous sommes embarqués ensemble, vous et nous, chacun dans son rôle, je pourrais, quelques jours après votre anniversaire, emprunter cette formule à Virginie Despentes : "Passé 40 ans, tout le monde ressemble à une ville bombardée".

Dans un monde troublé, dangereux, passionnant, je pourrais citer la grande auteure américaine Joan Didion : "Une chose est moins effrayante si on l'examine."

Examiner, observer, décrire, écrire, dire, nommer les choses, les mettre en perspective, c'est notre métier, notre quotidien, notre rôle. Et c'est pour cela que nous avons besoin d’avoir l’accès le plus large à vos actions, à votre parole, à votre pensée, si complexe soit-elle.

Un accès limité ces derniers mois. Une rupture de style typique des arrivées au pouvoir. Une parcimonie mise sur le compte de votre volonté de distance et de hauteur exigée par la fonction.

Mais que certains ont ressenti comme une défiance à l'égard de notre profession et une porte ouverte à cette embarrassante compagne du journalisme : la communication. Ces rapports nouveaux nous obligent à une saine remise en question, afin que la distance ne devienne pas source de malentendu.

Loin de nous la prétention de dicter l’organisation de votre communication : cela vous appartient. Mais à nous de poser les questions qui s'imposent, puisque les Français se les posent. Et par delà les frontières, que se pose le monde entier si l’on en croit l’appétence de la presse étrangère, ici représentée, à votre égard.

C'est un principe simple que celui de poser une question, quelle qu'elle soit. Oui, nous pouvons, nous devons chercher à savoir, y compris ce que l'on ne veut pas nous dire ni nous montrer. C’est le jeu d’un débat vivant.

Au mitan de votre première année au pouvoir, nous voulons vous interroger encore et toujours sur vos réformes, sur l’Europe, sur la lutte contre le chômage, sur la fiscalité, sur l’écologie, sur l’utilisation de l’argent public, sur les migrants.

Nous le ferons dès que l’occasion nous en sera donnée.
Bientôt, nous l’espérons, lors de la rencontre dont nous avons convenu avec les adhérents de l’Association de la presse présidentielle.

À nous aussi de faire remonter les voix du pays, la parole des Français.

Nous sommes quelques centaines ici aujourd'hui, mais des dizaines de milliers en France, acteurs essentiels d'une démocratie menacée partout : en Pologne, en Hongrie, en Turquie, à Malte, demain peut-être en Autriche, pour ne citer que des pays proches de nous sur la carte du Monde.

Ici en France, le droit d'informer est entier. Les rédactions travaillent, réfléchissent, choisissent sous l’oeil critique d’une opinion au moins aussi sévère avec les journalistes qu’avec leurs responsables politiques.

Notre profession est en pleine mutation, nous le savons. Nombre de rédactions sont confrontées à des problèmes économiques, l’audiovisuel public est inquiet, des journaux naissent, beaucoup meurent, de nouveaux médias apparaissent. Au-delà des changements de support, la frénésie des réseaux sociaux bouleverse tout et donne encore plus de prix à l'information sérieuse et vérifiée dont nous devons être les garants.

Et il nous revient de combattre – pour reprendre une expression relative au langage diplomatique - il nous revient de combattre l’imprécise brutalité d’une information non vérifiée. Expliquer le monde, en l'occurrence à travers ceux le dirigent, être les témoins de notre temps, donner matière à réfléchir. Rechercher la vérité derrière le secret et la mise en scène comme le vêtement d'or sous les oripeaux. Même si, il est vrai, les journalistes se trompent parfois, et il arrive même qu’ils le reconnaissent.

Défendre la presse est aussi une question de point de vue. Il y a les commentaires, mais il y a aussi des enquêtes, des angles, des éclairages, des interviews.

Là où l’on peut ne voir que l'exercice narcissique de quelques éditorialistes, on peut aussi considérer le travail de 35.000 journalistes, rendant compte de la réalité d’un pays qui souffre, doute, invente, s’enthousiasme. Il se trouve que les journalistes sont aussi des Français avec une histoire, une enfance, un rapport au monde et des raisons intimes de s’interroger.

M. le Président de la République,

Beaucoup ici présents vous connaissent depuis longtemps. Depuis votre entrée dans la lumière comme conseiller du président, puis ministre. Ils ont vu cette force qui a propulsé votre ascension, jusqu’à raconter cette soirée au Louvre, au son de l’Hymne à la joie, cette matinée sur les Champs-Elysées, où l’on fit jouer un air des Daft Punk devant le président des Etats Unis.

Aujourd’hui, nombre d’entre nous vivent dans vos parages un quotidien, celui de la présidence de la République. Au gré des cérémonies et des déplacements, nous partageons la richesse d'une rencontre, la surprise d’un lieu, l’émotion d’une Marseillaise, la fatigue, l’émerveillement d’un voyage.

Vous entendez être le maître des horloges. Au risque d’être très prosaïque j’ajouterai que nos horloges à nous, ce sont des directs à assurer, des dépêches à écrire, des rotatives à faire tourner. Il convient donc que les journalistes soient transportés dans de bonnes conditions, arrivent à temps pour écouter vos discours, assistent à toutes vos actions publiques, aient tout simplement les moyens de travailler, en toute sécurité, au bénéfice de l’information de nos concitoyens.

Concluons si vous le voulez bien sur une tradition – elles ont parfois du bon :

Bonne année, Monsieur le Président, nos voeux sont à partager avec votre épouse, que nous voyons souvent, bonne année à votre famille, à vos collaborateurs et conseillers, en particulier ceux du service de presse que nous côtoyons chaque jour. Meilleurs voeux au personnel de l’Elysée.

2017 fut votre année, Monsieur le président, 2018 est une page blanche qu'il vous revient d’écrire. Nous ferons l’explication de texte.
Puisque savoir c’est pouvoir, donnons le pouvoir à ceux qui nous lisent, nous regardent et nous écoutent.
Nous sommes là pour ça.

Elizabeth Pineau
Présidente de l'APP

Emmanuel Macron et Elizabteh Pineau, discours
© Philippe Wojazer

8 SEPTEMBRE 2017
Rencontre avec Monsieur le Président de la République

Le Bureau de l’Association de la Presse Présidentielle s’est entretenu mardi 5 septembre 2017 avec le Président de la République.
La discussion d’une heure quinze a été l’occasion de présenter à Emmanuel Macron les activités de notre Association et de discuter plus largement du travail des journalistes chargés de suivre l’actualité de la Présidence.
Le Président de la République a dit son souhait de renouer avec la tradition des Vœux à la Presse, au début de l’an prochain.
Le Président a également accepté l’invitation de l’Association de participer à une rencontre avec ses membres d’ici la fin de l’année. Ce rendez-vous sera l’occasion d’un échange entre le chef de l’État et les journalistes.
Tout en réaffirmant son refus d'être le commentateur de son action, Emmanuel Macron s'est engagé à assurer que ses conseillers resteront disponibles aux demandes d'informations des journalistes, dans le respect des compétences du gouvernement.
L’Élysée a pris acte de la nécessité d’assurer les meilleures conditions de travail (transport, logement, salle de presse...) aux journalistes suivant les déplacements présidentiels.

19 MAI 2017
Communiqué

L’Association de la Presse présidentielle (APP) a rencontré ce matin la cellule communication de l’Élysée, à qui elle a fait part de son inquiétude sur plusieurs des points signalés par des consœurs et confrères ayant notamment trait au choix, par l’Élysée, de certains journalistes devant suivre tel ou tel événement.

L’APP a rappelé que ce choix devait relever de la seule autorité du média concerné, l’Élysée ne devant en aucune manière intervenir dans l’organisation des rédactions. Ses interlocuteurs lui ont répondu qu’ils n’avaient jamais souhaité imposer tel ou tel journaliste mais ouvrir la possibilité à des journalistes spécialisés de suivre les déplacements du Président de la République.

L’APP a bien pris acte du souhait exprimé par ses interlocuteurs d’agir dans le dialogue et le plein respect de la liberté de la presse. Elle restera vigilante sur ces points essentiels.

L’Association de la Presse Présidentielle et la cellule communication de l ‘Élysée sont convenues de rester en contact afin que les choses se passent au mieux entre la Présidence et la presse, dans l’intérêt de tous.

AOÛT 2016
Rencontre avec Monsieur le Président de la République

Discours d’Elizabeth Pineau, le 2 août 2016 à Paris

Monsieur le Président de la République, chers amis.

Bienvenue. Merci d’avoir répondu à notre invitation. Cela fait quatre ans que vous nous faites l'honneur de votre présence, M. Le Président, au rendez-vous estival annuel de l'Association de la Presse Présidentielle, que je préside pour la première fois depuis mon élection à la tête de l’association en décembre à la suite de notre cher Alain Barluet, que je salue de loin. Un rendez-vous organisé cette fois encore par notre secrétaire générale, Agnès Hillemand, que je tiens à remercier ici pour cette remarquable mise en oeuvre.
Vous avez voulu cette année, M. Le Président, une forme de rencontre moins formelle en raison de l’actualité difficile. Et le mot est faible. Cette rencontre n'est ni un off, ni une conférence de presse. Elle se veut avant tout conviviale, libérée des contraintes de nos rencontres quotidiennes qui sont souvent en marge d’une visite. Je me souviens du premier dîner, en 2013, assez souriant. Et puis au fil des années, ils se sont teintés de gravité au rythme d’un quinquennat extraordinaire à bien des égards, ponctué de déplacements, de discours nombreux, de voyages, de moments historiques et ponctué d’épreuves pour vous, pour nous, pour notre pays surtout.
Lors du dîner de l'an dernier, qui aurait pu deviner que la crise des réfugiés, déjà aigue, durerait encore si longtemps, avec en toile de fond l’interminable conflit en Syrie ? Qui pouvait prédire que nous passerions une partie de l'année à expliquer aux Français les arcanes de la déchéance de nationalité, à décortiquer le Code du travail pour mieux comprendre la colère de ceux qui se sont élevés contre une loi visant à le réformer ? A faire des portraits de Donald Trump, de Theresa May, d'Emmanuel Macron ?
Qui pouvait prédire qu’un accord sur le climat serait trouvé à Paris en décembre, que l'équipe de France de football se retrouverait en finale de l’euro en juillet ? Que le Royaume-Uni sortirait de l’Union européenne ? Personne n’aurait imaginé que l'on pouvait mourir abattu à une terrasse de café à Paris, sous les roues d'un camion après un feu d'artifice à Nice ou égorgé en pleine messe dans une église de Normandie.
Journalistes, nous avons donc suivi, comme vous, ce quinquennat parsemé de drames et de tragédies, comme vous l’avez-vous même décrit. Il ne faut pas sous-estimer l’émotion qui est la nôtre dans votre sillage quand on se retrouve parfois sans voix et sans mots - alors que les mots sont notre métier - devant des actes comme resurgis d'un autre temps dont il faut bien se rendre compte qu’ils appartiennent au nôtre.
La réponse, le rempart, c'est le droit, c’est la démocratie, je vous cite. C’est aussi l’information. La presse est en première ligne dans ce combat. Nous devons aussi répondre à la défiance d’une partie des Français envers les journalistes, dont le travail est en pleine mutation : valses des patrons de presse, bouleversements apportés par les nouveaux médias
Plus que jamais, notre Association se battra pour faire vivre une presse libre et indépendante, ce qui ne va pas forcément de soi quand on voit ce qui se passe en Turquie ou en Pologne, tout près de nous.
Où serons-nous, où serez-vous dans un an ? Dans huit mois, un souffle au regard de l’Histoire, l’élection présidentielle. La campagne sera dure, nous le savons. Quel rôle y jouerez-vous ? Nous en saurons peut être un peu plus à ce sujet ce soir.
Sachez en tout cas que nous continuerons à vous suivre au plus près pour en savoir plus. Nous voulons tout voir, tout entendre, tout raconter, y compris ce que l'on ne veut pas nous montrer. Nous voulons avoir accès à votre parole, à celle de vos conseillers. Nous trierons comme le bon grain de l'ivraie ce qui relève de la communication et ce qui relève de l'information. Nous défendrons un journalisme du pluralisme, de l'information vérifiée.
Chacun dans notre rôle, vous et nous, y avons intérêt.
Tout cela est de bonne guerre et notre dialogue avec votre service de presse - Gaspard Gantzer, Claudine Ripert, Virginie Christnacht, Evelyne Richard - est constant. C’est dans ce rôle d'intermédiaire que notre Association prend tout son sens.
M. le Président, je vous laisse maintenant la parole en vous remerciant encore de votre présence, avant d'engager un dialogue informel avec nos membres ici présents.

Rencontre de l’Association de la Presse Présidentielle avec le Président de la République le 2 août 2016 à Paris.
© Présidence de la République / François Lafite

JANVIER 2016
Audiovisuel public en Pologne

L’Association de la Presse Présidentielle a apporté son soutien au communiqué suivant, rédigé à l’initiative du bureau d’Europresse

L'association Europresse s'inquiète des menaces qui pèsent sur les journalistes de l’audiovisuel public en Pologne après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les médias (dite « petite ») et dans la perspective d’adoption d’une autre loi (dite « grande »), dont l'adoption est prévue dans les mois qui viennent. Europresse soutient les organisations de journalistes qui luttent actuellement pour faire respecter leurs droits dans ce pays.
En effet, la nouvelle législation risque de transformer les médias publics en médias gouvernementaux, voire en médias du parti politique au pouvoir. Après l’adoption des deux lois, les contrats de tous les collaborateurs de la radio et télévision publiques prendront fin trois mois après leur entrée en vigueur, ce qui laisse le temps aux nouveaux dirigeants de choisir qui doit rester... ou partir. Les mandats des dirigeants et des membres des Conseils d’administration des toutes les chaînes de l’audiovisuel public s’éteignent immédiatement, le jour de l’entrée en vigueur de la première loi, le 8 janvier 2016.
Les nominations de nouveaux dirigeants reviendront directement au gouvernement. En effet, la nouvelle loi réduit considérablement les droits du Conseil national de radio et télévision (KRRiT, l’équivalent du CSA en France), par exemple en transférant le droit de nommer les cadres dirigeants de l’audiovisuel public au ministre du Trésor. Contrairement à la législation précédente, la nouvelle ne prévoit de soumettre les candidats à ces postes à aucun concours.
Europresse, qui regroupe 50 journalistes de toute nationalité travaillant sur les questions européennes en France, est particulièrement attachée au respect de ce droit fondamental, l'un des piliers de l'Union Européenne.

20 JANVIER 2015
Charlie Hebdo

A l'attention de M. Gérard BIARD, rédacteur de chef de Charlie Hebdo

Monsieur le rédacteur en chef,
Fondée en 1928, l'Association de la Presse Présidentielle rassemble des journalistes de tous les médias qui   « couvrent » l'actualité de la Présidence de la République française. Après l'attaque meurtrière qui a frappé Charlie Hebdo, le 7 janvier dernier, notre Bureau à décidé à l'unanimité de vous faire parvenir le chèque de 10 000 euros ci-joint afin de vous manifester notre soutien. Nous ne pouvons accepter que des terroristes aient voulu s'en prendre à un journal en tuant ses journalistes. Que nous soyons lecteurs ou non de « Charlie », nous tenons à vous exprimer notre solidarité et à réaffirmer notre attachement à la liberté d'expression.

Bien confraternellement,
Alain BARLUET, Président de l'Association de la Presse Présidentielle

1er AOUT 2014
Paul Jean-Ortiz

L'Association de la Presse Présidentielle a appris avec tristesse la mort de Paul Jean-Ortiz et tient à s'associer à l'hommage qui est rendu à la compétence et au courage de ce grand serviteur de l'Etat. Tous ceux qui ont eu à couvrir l'actualité diplomatique de la Présidence de la République depuis mai 2012 peuvent témoigner de l'attention qu'il portait à la presse et aux journalistes. Sans excès de mots, jamais avec arrogance et toujours avec une pointe d'humour qui était chez lui la marque d'une profonde élégance, le chef de la "cellule diplomatique" veillait à éclairer ses interlocuteurs des médias sur l'essentiel des dossiers internationaux inscrits à l'agenda présidentiel. Sa parole et sa disponibilité manqueront, tout comme la qualité de l'homme, aux observateurs chargés de rendre compte de l'activité de l'Elysée.

Le Bureau de l'Association de la Presse Présidentielle